En 2025, plus de 307 000 logements ont bénéficié de MaPrimeRénov’, pour un budget global de 3,81 milliards d’euros alloués par l’Anah. Malgré un premier semestre 2026 en repli, le dispositif reste le principal levier public pour améliorer la performance énergétique d’un logement en France. Mais ses règles ont évolué, et certains changements majeurs sont attendus dès septembre 2026.
Un dispositif en pleine mutation
Depuis le 23 février 2026, le guichet MaPrimeRénov’ est de nouveau ouvert à tous les ménages et tous les parcours, après une fermeture partielle liée à la fraude et au vote tardif du budget. L’enveloppe pour 2026 s’établit à 3,6 milliards d’euros pour l’aide rénovation énergétique, avec un objectif de 120 000 rénovations d’ampleur financées.
Attention cependant : depuis 2026, seuls les logements classés E, F ou G au DPE sont éligibles. Les biens en classe C ou D sont exclus. Par ailleurs, plusieurs travaux autrefois finançables en parcours par geste ont été retirés du dispositif au 1er janvier 2026 : les chaudières bois, l’isolation des murs par l’extérieur et par l’intérieur. Ces travaux restent accessibles uniquement dans le cadre d’une rénovation d’ampleur.
Un nouveau changement se profile au 1er septembre 2026 : l’isolation des combles, de la toiture et des fenêtres ne sera plus finançable en tant que geste isolé, tout comme la ventilation, les poêles à granulés ou les chauffe-eaux solaires. Le décret n’était pas encore publié au Journal officiel à la date de rédaction, mais la réforme est présentée comme certaine. À retenir aussi : à partir de cette même date, il sera interdit de conserver un chauffage au gaz à l’issue d’une rénovation d’ampleur.
Pompe à chaleur, cumul d’aides et montants concrets
Dans ce contexte de resserrement du parcours par geste, la pompe à chaleur air-eau tire son épingle du jeu. Au premier semestre 2026, 36 185 PAC air-eau ont été financées, soit 20 % de plus qu’au même semestre 2025. Ce geste représente désormais 41 % de l’ensemble des travaux financés en parcours geste.
L’avantage concret : MaPrimeRénov’ est cumulable avec la prime CEE, l’éco-PTZ, la TVA à 5,5 % et certaines aides locales. Pour une PAC air-eau, un ménage aux revenus très modestes peut ainsi cumuler jusqu’à 10 800 euros d’aides (5 000 euros de MaPrimeRénov’ et 5 800 euros de prime CEE), ramenant le reste à charge à environ 6 450 euros en moyenne. Le dispositif global est plafonné à 90 % du montant des travaux pour les profils les plus modestes, 75 % pour les revenus modestes, 60 % pour les intermédiaires.
Les étapes à ne pas négliger avant de se lancer
Deux règles s’appliquent sans exception. La demande d’aide doit impérativement être déposée avant la signature des devis : un dossier soumis après le début des travaux est automatiquement rejeté. Les travaux doivent par ailleurs être réalisés par un artisan certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).
Depuis le 17 août 2026, france-renov.gouv.fr est devenu le guichet unique pour toutes les aides Anah, avec connexion via FranceConnect+. Les dossiers et comptes existants ont été conservés. Pour les rénovations d’ampleur, un passage préalable par un Espace Conseil France Rénov’ est désormais obligatoire. C’est là que le projet est examiné dans sa globalité avant tout dépôt de dossier.
Les règles du jeu se sont complexifiées, mais les marges de financement restent substantielles pour les propriétaires de passoires thermiques. Vérifier son éligibilité et simuler ses aides avant d’engager tout devis est plus que jamais le premier réflexe à adopter.

